ça partait d’une bonne intention mais hafsia herzi est pas lesbienne et ça se voit. elle a déclaré avoir vraiment découvert la commu lgbt à travers ce film, et notamment la réalité de l’homophobie en france lors du casting des personnages. à partir de là, faire un film coming of age sur une identité qui lui est complètement étrangère n’a pas grand sens, et le décalage entre les sujets qui tracassent son personnage et ceux qui devraient mais ne le font pas m’ont complètement sortie du film. c’est un film coming of age sur le lesbianisme où la protagoniste n’explore jamais son rapport à elle-même, juste son rapport aux autres (et encore, trop brièvement, parce que la plupart du conflit du film finit par tourner autour de l’amourette bizarre entre elle et ji-na). se revendiquer comme lesbienne en employant ce terme, aller en date avec une femme, aller à sa première pride… c’est pas anodin comme ce que ce film laisse à y penser. tout ce qui aurait du être les moteurs du conflit du film est au final intégré sans étude de l’intériorité du perso. elle le fait pas, et puis ensuite elle le fait et c’est tout. nickel pour un coming of age.certes, elle est un peu hésitante au début, mais elle finit par franchir tous ces pas sans qu’on n’explore rien de son psyché. je pense que ça n’a meme pas traversé l’esprit de hafsia herzi d’intégrer ces éléments dans le scénario parce qu’encore une fois elle n’est pas lesbienne et donc ce sont des trépidations internes qui lui sont complètement étrangères. je suis vraiment pas contre que des hétéros fassent des films sur nous, au contraire, mais faut se renseigner un peu plus si tu veux livrer une histoire qui parle aux principaux intéressés et qui soit pas à la limite du fantasme sur une identité qui t’intrigue.aussi, les clichés à outrace m’ont vraiment tapé sur les nerfs. j’ai recensé:-la gestion des émotions via une sexualité débridée - certes c’est plus courant chez nous qu’ailleurs, mais là la généralisation est lourde et frise la mischaracterisation.-les lesbiennes prédateurs qui s’en carrent du non, y en a pas une qui était recommandable de tout le film c’est quand même fort-la pédophilie (mine de rien elle est mineure tout le long du film et aucune des femmes avec qui elle se met en bail en a quelque chose à faire - alors que typiquement, ji-na aurait pu avoir son âge au lieu de 30 ans et ça n’aurait rien changé au film). -le parent “surprise ally” à la fin, au final on zappe purement et simplement le conflit familial c’est pratique -la scène où ça crie VIVE LES LESBIENNES pendant 5min non-stop, je suis peut-être aigrie mais j’ai soufflé.-pas un cliché à proprement parler mais j’ai eu l’impression que beaucoup de la caractérisation du perso principal émanait d’expériences qui concernent plutôt les gars que les filles, comme la scène du rdv tinder dans la voiture où elle a un date avec une nana qui a trois fois son âge dans un terrain vague. peut-être que je me trompe, mais j’ai eu la sensation de voir une transposition 1:1 d’une histoire qui arrive bien plus généralement aux hommes, avec laquelle hafsia herzi serait plus familiarisée et qu’elle aurait absolument voulu intégrer au récit. tous ces trucs existent et sont pas en eux-mêmes indicateurs d’une scénario bâclé. toutefois, c’est toujours ceux-là qui reviennent dans les films sur nous et mis tous ensemble j’ai eu l’impression que pas une lesbienne avait été consultée dans l’écriture du bazin - alors qu’elle dit avoir eu des contacts fréquents avec l’auteure du bouquin sur lequel est basé le film. les limitations du scénario du fait du manque de familiarité perso de la réal avec l’expérience qu’elle dépeint étaient criants.ça manque d’exploration de relations intra-commu platoniques (ouais on est pas que des machines à sexe), un approfondissement sur son rapport à la religion, à ses anciens amis, au reste de sa famille… et surtout sur l’homophobie internalisée et les dégâts profonds que ça engendre. tout est suggéré de manière hyper superficielle, ce qui aurait été okay si ça avait été quelqu’un de directement concerné aux manettes ; mais dans ces conditions, c’est tellement sous-sous-sous-jacent que ça en devient absent, et le récit en devient faux. bref, hafsia herzi est pas lesbienne et ça se voit. nonobstant, de très jolis plans. je déteste pas mais ça m’embêterait que ça reparte primé.edit: et merde













