« Le Feu Ô Seigneur. La cause de l’incendie, Ô Seigneur. »Une belle et noble fresque féministe qui nous vient tout droit du Soudan. (Il s’agit du premier film réalisé par une Soudanaise).C’est touchant et d'une extrême sincérité. Cotton Queen raconte le parcours engagé de ces femmes brillantes et déterminées à conserver un héritage dûment gagné durant le colonialisme.On prend le temps d’évoluer avec Nafisa. Il y a de belles notes d’humour qui contrastent avec le climat parfois pesant qu’il règne au village. C’est assez contemplatif par moments et cela permet au spectateur de comprendre à la fois ce dont rêve la jeune femme et ce qui l’emprisonne.Le thème de la récolte du coton est abordé et met judicieusement en opposition traditions (Grand-Mère Al-Sit) et modernité (Nadir).Il est également question d'émancipation de la jeunesse et du rapport parfois conflictuel avec une vieille garde qui voit encore le conservatisme comme un idéal à atteindre.Est-il possible de devenir une femme libre sans renier sa culture et le lourd héritage des siens ?Entre espoirs et mélancolie, Suzannah Mirghani aborde avec une finesse tous ces thèmes sociaux importants.La photographie du film est exceptionnelle tout comme la performance remarquable de Mihad Murtada.Puis ce final, quel courage. Vive les femmes.Du cinéma puissant comme je l’admire et qui résonne encore plus fort à l’heure où une guerre civile fait des ravages au Soudan. Au-delà de sa dimension divertissante, le cinéma, c’est aussi informer et apprendre. Bravo.Doux, violent et mélancolique.PS : La chanson Ahel Allel d’Amira Kheir est de toute beauté.« Le silence est le langage de Dieu. »« Je décide de mon avenir. »🇸🇩🙏










