Protéger ou dénoncer. Il faut choisir.Sarah Miro Fischer n’a pas choisi la facilité pour son premier long-métrage en s’emparant d’un sujet fort et d’actualité.Sam et Rose forment le meilleur duo frère-sœur qui soit. Ils sont très fusionnels, se soutiennent et affrontent les obstacles de la vie ensemble.Qu’est-ce qui pourrait bien venir bouleverser tout cela ?Eh bien, la réponse est… une lettre.Une lettre ou plus précisément une convocation pour une audition. Rose tombe sur un courrier adressé à son frère. Ce dernier est accusé de viol par une jeune femme ! Un véritable coup de massue pour la sœur. Comment son frère pourrait-il agresser, abuser de quelqu’un ? À première vue, pas de doute, il est innocent. C’est son frère et un membre de sa famille ne peut pas faire de telles choses.Son premier réflexe est de le protéger, mais à force de cogiter, le doute s’installe, elle se refait le fil des événements.Et si c’était possible finalement ?Et vous, que feriez-vous si un membre de votre famille se retrouvait sur le banc des accusés ?Le principal point fort de cette œuvre, c’est l’angle qu’il aborde pour traiter de ce sujet. Plutôt que de mettre la lumière sur l’éventuel coupable ou victime, les projecteurs sont braqués sur l’entourage.Le point de vue est original, je trouve.Il est vrai qu’on a tendance à oublier que ces histoires peuvent involontairement transformer l’entourage en victime indirecte. Forcément, cela affecte les relations. Les interactions ne sont plus les mêmes, car le doute est présent et s’immisce comme un poison dans les veines.Le sens moral de Rose est mis à rude épreuve. Est-ce possible de se faire trahir par sa propre chair ? Protéger, c’est se mentir à soi-même.Il y a une belle maîtrise de l’écriture des personnages. C’est lent et pudique. Marie Bloching incarne admirablement le personnage de Rose. Son comportement change au fil de l’avancée du film. Toute l’estime qu’elle porte à son frère depuis sa naissance se liquéfie.Les regards deviennent fuyants, les gestes du quotidien deviennent plus fébriles. Chaque situation soulève son lot d’interrogations. En un claquement de doigt, l’être que vous chérissez le plus sur cette Terre devient un étranger.Les silences sont lourds de sens et sont très évocateurs.The Good Sister a l’intelligence de ne jamais être dans le jugement. Il pose des constats et des dilemmes.Je dirais qu’il y a un gros ralenti au milieu du film où ça se regarde peut-être trop le nombril, où l’intrigue stagne. Rose se pose elle-même la question de savoir si elle est capable d’aller aussi loin. C’est une piste de réflexion intéressante, mais elle ne m’a pas captivée plus que ça.C’est un film avant tout humain et qui, à mon sens, se situe pas loin d’une vérité. Ça m’a paru crédible, surtout le développement de Rose, qui passe d’un côté protecteur à entamer des démarches de réconciliation avant une remise en question bienvenue. Elle n’est plus la sœur aveuglée, mais une femme qui protège le monde.On est passé tout simplement du déni à la prise de conscience. Et ça, c’est un acte des plus courageux. La réalisatrice joue à merveille sur cette ambiguïté.Un regard posé sur les agressions sexuelles, à la fois moderne et froid. Les monstres ne sont pas qu’à l’extérieur de la maison.Pas sans défauts, mais prometteur !« Des excuses, c’est pas suffisant. »🇩🇪✉️😨














